Pourquoi les médias se trompent en parlant de l’échelle de « Richter » ?

« Un séisme d’une magnitude de 4,9 sur l’échelle de Richter ». Cette phrase vous semble correcte ? Normal, les médias l’utilisent systématiquement, dès lors qu’un tremblement de terre survient dans le monde. Pourtant, elle est fausse. Mieux : elle ne comporte non pas une, mais deux erreurs ! Explications.
Pourquoi les médias se trompent en parlant de l’échelle de « Richter » ?

En réalité, l’échelle de Richter n’est même plus d’actualité. Créée en 1935 par le sismologue américain Charles Francis Richter (1900-1985), cette échelle permet d’estimer l’énergie libérée par un séisme. Ses travaux et recherches sont un grand pas en avant pour cette discipline, à l’étude somme toute récente, par rapport à l’histoire de l’humanité et des séismes. On vous épargne l’incompréhensible formule mathématique (en réalité, on parle d’échelle logarithmique, mais ce n’est guère plus simple), définie par le chercheur. Or, cette équation ne sert qu’à classer les sismogrammes qui ont été enregistrés dans l’Etat de Californie, aux Etats-Unis.

Autrement dit, uniquement pour des séismes hyper-localisés à l’échelle du monde. Alors, pourquoi utiliser cette échelle dans le monde entier, du moins en France, quand on sait pertinemment impropre ? Est-ce un simple abus de langage des médias ou une méconnaissance du vocabulaire correct à utiliser ?

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En réalité, il faudrait parler d’échelle de magnitude du moment. Cette échelle a été développée par le scientifique japonais Hiroo Kanamori. C’est certes moins glamour, mais autant rendre à César ce qui appartient César, non ? Car Hiroo Kanamori n’a pas du tout eu la même notoriété que son tout aussi illustre prédécesseur. Toujours est-il que dans la phrase « Un séisme d’une magnitude de 4,9 sur l’échelle de Richter », on ne parle pas de l’intensité du tremblement de terre, mais bel et bien de la magnitude de moment. Ce qui fait donc bien deux erreurs majeures dans l’information relayée par les médias. D’ailleurs, les sismologues n’utilisent quasiment plus que cette échelle pour mesurer la puissance d’un séisme. Cette dernière est bien plus fiable que son ancêtre, l’échelle de Richter, notamment pour les tremblements de terre à haute ou très haute magnitude.

 

Le tableau ci-dessous récapitule les effets concrets ressentis par les habitants en fonction de la magnitude d’un séisme. On estime que pour les « micro » séismes, la fréquence moyenne est de 8000 par jour dans le monde. Les plus puissants sont évidemment plus rares, à raison de 1 à 5 par siècle.

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